Les Reines Caméléon
SYNOPSIS
Les Reines Caméléon est une création chorégraphique de Roméo Bron Bi, portée par sept danseuses ivoiriennes aux parcours et styles variés, accompagnées de la présence symbolique de la mère initiatrice. Ensemble, elles racontent par le corps la puissance féminine face aux injustices, aux silences imposés, aux traditions détournées. Inspirée par l’histoire de la danse Zaouli née d’une femme mais aujourd’hui interdite aux femmes cette œuvre interroge la mémoire, l’héritage et la capacité de transformation des femmes à travers les âges. Dans un monde où elles doivent sans cesse se réajuster, Les Reines Caméléon dansent leur adaptation perpétuelle, leur combat muet et leur lumière têtue.
Présentation du spectacle
Ce projet est né d’une blessure et d’une admiration. Blessure de voir la mémoire féminine effacée de ses propres inventions. Admiration pour la résilience des femmes, et leur art du repositionnement. Parti d’une réflexion sur la danse Zaouli née d’une femme mais désormais interdite aux femmes je questionne ce glissement symbolique : comment un héritage féminin peut-il devenir une exclusivité masculine ?
À travers cette interrogation, je tisse un fil entre la voix de ma mère, les chants des femmes de mon village, et les corps des femmes d’aujourd’hui. Les Reines Caméléon devient alors une tentative de réhabilitation poétique, de transmission sensible et de réappropriation du mouvement.
C’est une ode à celles qui plient sans jamais rompre. À celles qui, malgré les entraves, avancent, recréent, réparent. Parce que cette question dépasse les frontières et résonne dans tous les contextes, cette œuvre a vocation à voyager sur tous les continents : pour rencontrer d’autres mémoires, d’autres blessures, d’autres forces féminines. Et pour rappeler, partout, que danser, c’est aussi résister.








L'équipe artistique
Roméo Bron Bi (Zuénoula – Abidjan – Strasbourg) est un chorégraphe ivoirien au langage hybride, mêlant danses traditionnelles Gouro, énergie urbaine d’Abidjan et vibrations contemporaines d’Europe. Fondateur de la Compagnie Bron Bi, il porte un manifeste chorégraphique fort : le féminin comme puissance d’adaptation, de résistance et de renaissance.
Comédien, cinéaste et directeur artistique, Martial capitalise plus de 25 ans d’expérience dans la mise en scène, le théâtre et la création pluridisciplinaire. Lauréat de Clap Ivoire, acteur dans la série culte Faut pas fâcher, il a signé de nombreuses mises en scène en Côte d’Ivoire et à l’international. Directeur de la société Arts’Mouv SARL, il fait de l’art un outil de transmission et de transformation sociale.
Danseuse et chorégraphe de formation, Juliette Louste s’est spécialisée dans la création lumière et la direction technique. Installée en Islande, elle a collaboré avec de grands noms tels que Carolyn Carlson, Akram Khan, Israel Galván ou Dada Masilo. Nommée aux Icelandic Theatre Awards en 2023, elle sculpte l’espace du spectacle comme un rituel visuel, accompagnant la révolte et la renaissance des corps.
DANSEUSES INTERPRÈTES
OCÉANE KOFFI OKA DHANI
Née en 2003 à Abidjan, Océane est une jeune danseuse ivoirienne en pleine ascension. Formée à l’INSAAC, elle poursuit un master en danse et chorégraphie. Elle s’est illustrée dans Akan Story, Soundjata Opéra Mandingue et les cérémonies du MASA. Dans Les Reines Caméléon, elle incarne une énergie précise et vibrante, une jeunesse féminine résiliente tournée vers l’avenir.
CYNTHIA BOLI
Danseuse, comédienne et chanteuse, Cynthia a travaillé avec ARTIVE, AFRIKA BOYA, puis ANINKA (Corée du Sud, G20), et Georges Momboye. Elle joue dans Ah ma fille et incarne Dobet Gnahoré dans un documentaire. Dans Les Reines Caméléon, elle est mémoire vivante, force et grâce.
LANIGNAN ALICIA
Née en 2004 à Lakota, Alicia baigne depuis l’enfance dans les rythmes dida. Formée à l’INSAAC et auprès d’Aminata Traoré, elle participe à Empreinte et Cabaret. Dans le spectacle, elle incarne l’élan instinctif et l’ancrage.
OUATTARA LANION ESTER VICTOIRE
Née en 2001 à Niakara, Ester entre à l’INSAAC sans expérience en danse mais avec une passion sincère. Formée à l’École Supérieure de Musique et de Danse, elle se révèle en création dès 2025. Dans la pièce, elle incarne le courage de s’élancer dans l’inconnu avec dignité.
KOUADIO AFFOUÉ SYNTYCHE
Née le 23 septembre 2000 à Yopougon, Syntyche a développé un amour pour la danse dès son enfance. Formée à l’INSAAC, elle a participé à de nombreux projets majeurs, notamment À ma fille, les Rencontres Chorégraphiques d’Abidjan, MASA, The Voice Afrique Francophone, ainsi que Boya Ka, Houphouët et Gynaikes. Certifiée professeur de danse, elle apporte au spectacle une énergie intense et résiliente.
GOUÉ GUEU CÉLINE
Danseuse interprète instinctive et puissante, Céline est l’une des voix corporelles majeures de la scène ivoirienne. Depuis ses débuts à Wozo Vacances en 2005, elle incarne la danse comme un souffle vital. Formée au sein de prestigieuses compagnies telles que CEB Afrika, N’Zassa, ou encore le Ballet national de Côte d’Ivoire, elle collabore notamment avec Georges Momboye, et traverse les scènes du continent (Burkina Faso, Bénin, Tunisie, etc.).
Son parcours mêle télévision (La Victoire en chantant), cérémonies officielles (Francophonie, ouverture de la CAN), et festivals internationaux (Tunis Carthage, In Out Festival, Festivaco…). Céline apporte à Les Reines Caméléon une danse enracinée, traversée par la mémoire, la résistance et l’âme du peuple. Elle incarne dans cette pièce la fierté des corps qui ont appris à transformer l’interdit en élan.
KAREL TENDJOU
Danseuse interprète à la croisée des danses urbaines et afro-contemporaines, Karel a fait de son corps un langage vivant, où la rage, la douceur et la mémoire vibrent à l’unisson. Formée auprès de compagnies majeures comme King’Art de Serge Arthur Dodo et le Réservoir Momboye à Paris, elle a performé sur de nombreuses scènes internationales, du SITA aux Jeux de la Francophonie.
Initialement autodidacte, elle a enrichi son parcours à travers des stages avec Salia nï Seydou, Jenny Mezile ou Michel Kouakou, et des collaborations avec des artistes majeurs de la scène musicale africaine. Dans Les Reines Caméléon, Karel incarne une énergie hybride et une force de réinvention. Elle explore la déchirure et la résilience avec une physicalité affirmée, entre danses de résistance et poésie viscérale. Son engagement sur scène est celui d’une femme debout, d’une voix dans le corps.
LE PROLOGUE DE LA MÈRE
KAREL TENDJOU
Avant le spectacle, Émilienne Tié Lou, initiatrice et dépositaire de la culture gouro, incantrice et chansonnière du pays Gouro, sert de couloir de transmission entre la mémoire ancestrale et les sept Reines Caméléon. Elle s’adresse au public en langue gouro, invoquant les esprits de la tradition et rappelant la mémoire effacée des femmes.
Par sa voix, elle dénonce le silence imposé et ouvre le chemin de la parole retrouvée. À travers elle, la parole devient souffle, et les corps des Reines Caméléon prennent le relais : leurs danses deviennent voix, leurs mouvements, une libération.
