Création chorégraphique contemporaine autour du Zaouli
Les Reines Caméléon
Sept femmes, une incantatrice, un rite, une révolte en mouvement. Une création de Roméo Bron Bi.
- 7DanseusesIvoiriennes et internationales
- 1IncantatriceChansonnière gouro
- 5ActesDe l'intime au collectif
- 50MinutesDurée du spectacle
- 2017Zaouli, UNESCOPatrimoine culturel immatériel
Synopsis des Reines Caméléon
Les Reines Caméléon est une création chorégraphique de Roméo Bron Bi portée par sept danseuses ivoiriennes et internationales aux parcours, styles et sensibilités multiples. Accompagnées par une incantatrice et chansonnière gouro, elles racontent par le corps la puissance féminine face aux silences imposés, aux injustices et aux transformations des traditions.
Inspirée par l’histoire du Zaouli, patrimoine culturel majeur de Côte d’Ivoire, l’œuvre interroge la mémoire, l’héritage et la capacité des femmes à transmettre et transformer les récits collectifs. Dans un monde où elles doivent constamment s’adapter, les Reines Caméléon dansent leurs blessures invisibles, leur résilience et leur lumière.
De la tradition à l’abstraction, du village au monde, la pièce propose un voyage sensoriel où les corps deviennent des archives vivantes. Une célébration de celles que l’histoire a parfois voulu faire taire, mais dont les voix continuent de résonner.
Présentation vidéo des Reines Caméléon.
Note d'intention de Roméo Bron Bi
Comment un héritage culturel dont l’origine est attribuée à une femme peut-il devenir un espace où la présence féminine est aujourd’hui moins visible ?
Ce projet est né d’une blessure et d’une admiration. La blessure de voir une mémoire féminine disparaître progressivement de ses propres récits. L’admiration profonde pour les femmes, leur capacité de résistance, leur intelligence de l’adaptation et leur manière de transformer les contraintes en forces créatrices.
Je suis originaire du peuple Gouro de Côte d’Ivoire, dans la région de la Marahoué, berceau historique du Zaouli. Depuis mon enfance, cette tradition accompagne mon paysage culturel. Le Zaouli n’est pas seulement une danse : il est un ensemble complexe où dialoguent la danse, le masque, la musique, les chants, les rythmes, les savoir-faire, les cérémonies et les liens entre générations.
Cette question ne naît pas d’une volonté de confrontation. Elle naît d’un besoin d’écoute. Ma mère, Émilienne, initiatrice et dépositaire de la culture Gouro, incantatrice et chansonnière, représente dans cette création la mémoire vivante. Par sa voix, elle ouvre un passage entre les générations et accompagne les corps des sept danseuses qui deviennent à leur tour porteuses de cette parole.
Les Reines Caméléon est une œuvre sur celles qui ont appris à changer de forme sans perdre leur identité. Le caméléon devient une métaphore de la résilience humaine : la capacité d’évoluer, de s’adapter et de renaître. Danser devient alors un acte de mémoire. Un acte de transmission. Un acte de résistance.
Roméo Bron Bi
Le corps comme archive vivante
Le projet considère le corps comme une archive : il porte les traces des générations précédentes, révèle les absences et transmet les résistances.
La création s’appuie sur un dialogue entre :
Propos artistique
Les Reines Caméléon se situe à la rencontre du patrimoine vivant, de la danse contemporaine et de la mémoire intime. Avant l’écriture, les cultures humaines ont transmis leurs histoires par les gestes, les rythmes, les chants et les cérémonies. Le corps conserve ce qui n’est pas toujours écrit.
Les sept danseuses ne cherchent pas à reproduire une tradition : elles entrent en dialogue avec elle, traversent ses transformations, ses contradictions et ses silences pour créer un langage chorégraphique contemporain.
Genèse du projet
Le point de départ est une interrogation personnelle liée à l’histoire du Zaouli. Au cours de son parcours artistique international, entre l’Afrique, l’Europe et le Japon, Roméo Bron Bi se pose cette question : que devient une mémoire lorsqu’une partie de celles et ceux qui l’ont portée disparaît du récit collectif ?
La recherche s’intéresse à la place des femmes dans la transmission du Zaouli :
- les récits liés à son origine
- les transformations sociales de la pratique
- la place des femmes dans les chants, les savoirs et la transmission
- les liens entre mémoire individuelle et mémoire collective
Les Reines Caméléon en cinq actes
Une œuvre pour sept danseuses et une incantatrice. La scène devient un espace où dialoguent la parole ancestrale, les corps contemporains, les héritages culturels et les imaginaires futurs. La dramaturgie suit un mouvement qui va de l'intime vers le collectif.
- I
Acte I
Les voix enfouies
La pièce commence dans le silence. Une mémoire cherche à revenir. La voix de l'incantatrice ouvre un espace entre le visible et l'invisible ; elle convoque les ancêtres, les récits oubliés et les présences absentes.
- II
Acte II
Les héritières
Les sept femmes découvrent et portent une mémoire commune. Le mouvement devient transmission. Les gestes circulent, les corps deviennent un lieu d'apprentissage et de partage.
- III
Acte III
La fracture
La pièce traverse les transformations, les pertes et les silences. Que reste-t-il d'un héritage lorsqu'une partie de son histoire est effacée ? Les corps cherchent, résistent et se réinventent.
- IV
Acte IV
La métamorphose
Le caméléon devient symbole de transformation. Les femmes ne disparaissent pas : elles changent de forme, adaptent leurs langages et créent de nouvelles façons d'exister.
- V
Acte V
Les Reines Caméléon
Le collectif apparaît. Les voix se rejoignent. Les corps deviennent une force commune. La mémoire n'est plus seulement héritée : elle devient création.
L'univers scénique des Reines Caméléon
La scénographie est pensée comme un espace vivant : elle ne cherche pas à créer un décor illustratif mais un environnement sensible où les interprètes dialoguent avec la mémoire. L’espace scénique devient un partenaire chorégraphique, avec un équilibre entre puissance symbolique et faisabilité technique pour une circulation internationale de la création.
L'arbre de mémoire
Un tronc d’arbre horizontal traverse l’espace. Il représente l’arbre de vie, la mémoire ancestrale, les racines et la transmission entre générations.
Il peut devenir un espace de repos, un lieu de passage, une ligne d’équilibre ou un partenaire de mouvement.
Les sept lanternes
Elles représentent les sept danseuses, les sept prototypes de masques associés au Zaouli, les sept étapes de transformation et l’ouverture vers les sept continents. Chacune est une gardienne silencieuse de la mémoire.
Matières et univers sensoriel
Le bois, l’eau, le métal, la brume, les ombres, la terre. Ces matières évoquent la naissance, la mémoire, la purification, le passage du temps et la transformation.
Création costumes
Les costumes accompagnent la métamorphose des corps, en dialogue entre héritage, contemporanéité, identité et transformation. Le costume devient une seconde peau.
Création lumière
La lumière accompagne les passages entre mémoire et présent, apparition et disparition, ombre et révélation. Les corps deviennent tour à tour traces, silhouettes, présences.
Incantatrice, chansonnière gouro, gardienne de la mémoire
Émilienne, le souffle qui précède le mouvement
Initiatrice et dépositaire de la culture Gouro, Émilienne représente dans Les Reines Caméléon la mémoire ancestrale et la transmission vivante. Son rôle constitue un passage entre le monde des ancêtres, les récits oubliés et les corps des sept Reines Caméléon.
Elle s’adresse au public en langue Gouro. Par sa voix, elle invoque les esprits de la tradition, rappelle la mémoire effacée des femmes et ouvre un espace de parole retrouvée.
La parole devient chant, le chant devient mémoire, la mémoire devient danse.
Les sept Reines Caméléon
Sept danseuses ivoiriennes et internationales, aux parcours et aux influences multiples. Ouvrez chaque portrait pour lire son parcours.

Cynthia Boli
Côte d'Ivoire
Cynthia a travaillé avec plusieurs structures et artistes, notamment ARTIVE, AFRIKA BOYA, ANINKA (Corée du Sud, G20) et Georges Momboye. Elle a également participé à des projets théâtraux et audiovisuels, notamment Ah ma fille, et a incarné Dobet Gnahoré dans un documentaire.

Océane Koffi Oka Dhani
Côte d'Ivoire
Née en 2003 à Abidjan, Océane est une jeune danseuse ivoirienne en pleine évolution. Formée à l'INSAAC, elle poursuit un parcours en danse et chorégraphie. Elle participe à plusieurs projets artistiques, dont Akan Story, Soundjata (Opéra Mandingue) et les cérémonies du MASA.

Céline Goué Gué
Côte d'Ivoire
Danseuse interprète instinctive et puissante, Céline est l'une des voix corporelles majeures de la scène ivoirienne. Depuis ses débuts à Wozo Vacances en 2005, elle incarne la danse comme un souffle vital. Formée au sein de compagnies telles que CEB Afrika, N'Zassa ou le Ballet national de Côte d'Ivoire, elle collabore notamment avec Georges Momboye et traverse les scènes du continent. Son parcours mêle télévision, cérémonies officielles (Francophonie, ouverture de la CAN) et festivals internationaux.
Ikumi Togawa Bonaparte
Japon
Depuis son premier solo créé en 2012, elle développe une recherche autour de la danse comme phénomène corporel, perceptif et socioculturel. Diplômée du département peinture de l'Université des Beaux-Arts de Musashino à Tokyo en 2014, elle poursuit sa recherche en danse à Paris. Artiste en résidence à la Cité internationale des arts, elle obtient un Master en danse à l'Université Paris 8 en 2024.
Eileen Pilutti
Italie
Née à Udine en 1994, elle développe une pratique hybride influencée par les danses urbaines, le hip-hop, le popping, la house et la culture afro. Depuis son installation à Paris, elle approfondit son lien avec les danses africaines. Elle danse notamment pour Fally Ipupa, Yemi Alade, Davido, Toofan et Nike.
Laurine Mocques
France
Originaire de Chartres, elle commence par les danses académiques avant de développer une pratique autour des danses urbaines, du hip-hop et du dancehall. Formée notamment au Studio MRG et à l'AID, elle explore les cultures africaines au Ghana, en Angleterre et aux États-Unis, et développe un travail de transmission.

Karel Tendjou
Cameroun
Danseuse interprète à la croisée des danses urbaines et afro-contemporaines, Karel a fait de son corps un langage vivant. Formée auprès de King'Art de Serge Arthur Dodo et du Réservoir Momboye à Paris, elle a performé du SITA aux Jeux de la Francophonie, et suivi des stages avec Salia nï Seydou, Jenny Mezile ou Michel Kouakou.
L'équipe artistique
Autour de Roméo Bron Bi, une équipe pour la scénographie, les costumes, la lumière, la recherche et le regard extérieur.
Roméo Bron Bi
Direction artistique et chorégraphie
Chorégraphe, danseur et directeur artistique de la Compagnie Bron Bi, basée à Strasbourg depuis 2013. Originaire du peuple Gouro de Côte d'Ivoire, il développe une écriture à la croisée des danses patrimoniales africaines, des cultures urbaines et de la danse contemporaine. Il a collaboré notamment avec Georges Momboye, Salia Sanou, Didier Théron, Lawrence Graham Brown, Max Diakok et Kirill Serebrennikov. Créations : Terre, mon périple ; Anh-Moûh ; 8 Minutes de Balançoire. Fondateur du Festival Afropean Culture.
Olga Pavluk
Scénographie
Scénographe et créatrice d'espaces scéniques. Son travail explore la relation entre espace, corps, matière et récit. Sa recherche porte sur un espace modulable pour la tournée, la relation entre objet scénographique et mouvement, et l'équilibre entre poésie visuelle et contraintes techniques.
SLAVNA
Costumes
Créatrice costumes. Son approche accompagne les identités scéniques en travaillant sur les matières, les transformations du corps et les liens entre héritage et création contemporaine. Pour Les Reines Caméléon, le costume devient une extension du mouvement.
Jean-Pierre Nepost
Création lumière
Créateur lumière. Il développe une écriture lumineuse au service de la dramaturgie, de l'espace et des corps, pour un univers où dialoguent mémoire, apparition, transformation et transmission.
Elina Djebbari
Recherche artistique
Chercheuse et accompagnatrice du projet. Elle accompagne la réflexion autour des liens entre patrimoine vivant, pratiques chorégraphiques, transmission culturelle et création contemporaine.
David Llari
Regard extérieur
Artiste et accompagnateur artistique. Par son regard extérieur, il accompagne la construction dramaturgique et artistique du projet et contribue à la cohérence globale de l'œuvre.
Les Reines Caméléon, de 2026 à 2028
Trois années pour passer de la recherche en Côte d'Ivoire à la création de la pièce et à sa diffusion, en France et à l'international.
2026
Recherche
- Recherche artistique et patrimoniale
- Rencontres en Côte d'Ivoire
- Collecte de témoignages
- Développement du film documentaire
2027
Résidences
- Résidences artistiques
- Développement scénographique
- Recherche costumes et lumière
- Début des partenariats de diffusion
2028
Création
- Création de la pièce
- Premières représentations
- Déploiement national et international
Vers un orchestre Zaouli féminin
Dans le prolongement de la recherche et de la création, le projet souhaite explorer la possibilité de constituer un ensemble musical Zaouli composé exclusivement de femmes, pour valoriser leur place dans la transmission des chants, rythmes et savoirs liés au patrimoine vivant du Zaouli. Ce projet sera développé progressivement avec les communautés concernées, dans une démarche respectueuse des pratiques existantes.
Une invitation à écouter les mémoires invisibles
Les Reines Caméléon est une œuvre de mémoire et de transformation. Elle naît d’une histoire personnelle mais porte une question universelle : comment transmettre ce qui a été oublié ?
Un patrimoine ne survit pas uniquement parce qu’il est conservé. Il survit parce qu’il continue d’être interrogé, partagé et réinventé.
Ils soutiennent Les Reines Caméléon
Production : Compagnie Bron Bi et Association Sôléfê, Strasbourg.
Avec le soutien du Château Musée du Vaudou (Strasbourg), de La Fabrique de Théâtre (Strasbourg), du Point d’eau (Ostwald), du Ballet Danse Physique Contemporaine (Paris) et de CROMOT, maison d’artistes et de production (Paris).

Compagnie Bron Bi et Association Sôléfê
Contacts
Maison des Associations
1 place des Orphelins
67000 Strasbourg, France
N° SIRET : 833 633 803 00014 · Code APE : 9001Z
Licences d’entrepreneur de spectacles : PLATESV-D-2021-004796 / PLATESV-D-2021-004797
